A Koudougou, un jeune promoteur culturel apporte une pierre à l’édifice de la promotion musicale. Adama Badiel alias Prophète Dielba a lancé dans la cité de cavalier rouge un studio d’enregistrement dénommé One Dynastie Dielba Prod. Quelles sont ses motivations et ses ambitions avec sa maison de Prod, quel est son message pour les artistes de Koudougou et les artistes burkinabè de façon générale ? Une équipe du journal Agenda Culturel Burkina est allée à sa rencontre. Lisez plutôt !
Agenda Culturel Burkina (ACB) : Pouvez-vous vous présenter ?
Prophète Dielba ( PD): Je suis Badiel Adama à l’état civil, connu sous le nom de Prophète Dielba, mon nom d’artiste. Je suis membre du groupe 2BK. Nous avons mis une pause depuis 2019 mais nous reviendrons bientôt avec des tubes.
ACB : Qu’est ce qui vous a motivé à vous lancer dans la production musicale avec un studio « One Dynastie Dielba Prod » notamment à Koudougou ?
P. D: Nous sommes à Koudougou depuis 2020. Nous sommes venus contribuer au développement musical local et apporter notre savoir-faire. À l’époque, beaucoup d’artistes devaient se rendre à Ouagadougou pour accéder à certains services de qualité. Nous avons voulu proposer cette qualité directement ici.
ACB : Quelle est la particularité de votre studio d’enregistrement ?
PD: Nous mettons l’accent sur la qualité. Notre beatmaker est un professionnel qui a travaillé sur plusieurs projets, y compris avec des artistes de Ouagadougou. Son expérience nous permet de proposer des productions de niveau national.
ACB : Quel est l’apport du studio One Dynasty Dielba Prod ?
P.D: Dynasty est une structure formelle qui intervient dans l’audiovisuel et l’événementiel. Elle organise également « Le Tunnel », une grande cérémonie de distinction des acteurs culturels et touristiques de la région du Nando.
ACB : On sait que les matériels de l’audiovisuel sont chers, on imagine naturellement que le début était difficile. Racontez-nous votre début.
P.D : L’équipement nécessite beaucoup de moyens. Nous avons donc investi progressivement, avec notamment l’appui d’un partenaire. Nous n’avons pas attendu d’avoir tous les moyens avant de commencer. Nous avons avancé petit à petit : « c’est 1 + 1 qui fait 2 ».
ACB : En dehors de la production, quels autres services vous marchandez ?

P.D: Nous formons souvent aussi. Notre arrangeur a déjà formé trois personnes en beatmaking. Nous accompagnons également des jeunes en management artistique en partageant notre expérience. Nous travaillons aussi à intégrer prochainement la sonorisation à nos activités.
ACB: Un artiste peut-il réussir en étant dans une région quand on sait que la capitale est généralement la plaque tournante de la culture ?
P.D: C’est justement ce pour quoi nous nous battons. Beaucoup de personnes pensent encore qu’il faut nécessairement se rendre à Ouagadougou pour réussir. Il y a pourtant plusieurs exemples d’artistes qui étaient à Koudougou et qui avaient déjà du talent, mais qui ont dû rejoindre Ouagadougou pour pouvoir réellement se faire connaître. On peut citer Alzaz. On le voyait à Koudougou, le talent était là, mais c’est lorsqu’il s’est déplacé du côté de Ouagadougou qu’il a véritablement intégré cette nouvelle génération montante qui se fait remarquer. Aujourd’hui, il compte plus de deux millions de vues sur un de ses clips et il travaille déjà sur d’autres challenges. Mais nous pensons qu’il est possible de relever le défi en restant ici et en s’imposant progressivement. Nos artistes restent généralement connus au niveau régional et rencontrent beaucoup de difficultés à s’imposer sur le plan national. Mais c’est déjà un bon début. Avant, lorsqu’un artiste chantait, il était essentiellement connu à Koudougou ou à Réo. Certains ont toutefois réussi à sortir du lot. C’est le cas d’artistes comme Élu 111, Yound Ced et bien d’autres artistes de la région qui sont partis s’installer dans la capitale et ont réussi à s’imposer sur le plan national. Ouagadougou est le centre, c’est vrai, et ce n’est pas simple. Mais je me dis qu’on peut travailler ici, à Koudougou, et réussir à s’imposer sur le plan national. C’est possible.
ACB : Quelle est votre ambition pour Dynasty Prod ?
P.D: Nous voulons faire de Dynasty une véritable référence, d’abord dans la région puis au-delà. Des artistes comme Kayawoto et Mas B et bien d’autres sont déjà venus nous rendre visite et souhaitent y revenir pour des collaborations, ce qui nous encourage à poursuivre nos efforts.
ACB : Quel peut être votre message aux jeunes artistes ?
P.D: Je leur conseille de garder espoir et de persévérer. La musique demande des moyens, du temps et parfois de la chance. Lorsqu’on fait les choses par passion, on supporte mieux les difficultés et les sacrifices. Il faut rester patient : au fur et à mesure, la mayonnaise va prendre.
Propos recueillis par Abasse ZONGO
Agenda Culturel Burkina
